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Dépression résistante : le lien surprenant entre dissociation et efficacité thérapeutique

Vous connaissez cette fatigue où l'on a déjà essayé deux antidépresseurs, peut-être davantage, et où la dépression reste installée comme un locataire dont on ne possède pas la clé.

mis à jour 20 septembre 2026

Dépression résistante : le lien surprenant entre dissociation et efficacité thérapeutique

Une étude brésilienne récemment publiée dans le Journal of Psychiatric Research, relayée par Psypost, apporte un éclairage inattendu: chez des patients traités par eskétamine, ceux dont l'état s'améliore rapportent davantage d'expériences de dissociation, en particulier un sentiment de déréalisation.

Ce que l'étude a réellement observé

Menée par Kaike Thiê da C. Gonçalves à l'Université de São Paulo, en lien avec l'Onofre Lopes University Hospital (Brésil), la recherche a suivi 30 adultes atteints de dépression résistante recevant de l'eskétamine par voie sous-cutanée chaque semaine. Vingt-trois d'entre eux ont terminé les huit séances prévues, avec une dose de départ de 0,5 mg/kg pouvant être ajustée à 0,75 ou 1 mg/kg. Douze participants ont vu leurs scores de dépression chuter d'au moins 50 %; ces « répondeurs » présentaient des niveaux de dissociation plus élevés que les onze non-répondeurs sur l'ensemble du suivi. La déréalisation — cette impression que le monde extérieur paraît lointain ou irréel — était le marqueur le plus nettement associé à la réponse. Dépersonnalisation et amnésie allaient dans le même sens, mais sans atteindre le seuil statistique. L'étude, rappelons-le, suivait un protocole ouvert: participants et cliniciens savaient quel traitement était administré, ce qui invite à la prudence sur l'ampleur des effets observés.

Un mouvement parallèle côté formation

Parallèlement, selon un communiqué de Business Wire, le laboratoire Compass Pathways a lancé aux États-Unis, à l'occasion du Psych Congress 2026, une initiative intitulée « Change the Tune in TRD » destinée à renforcer la compréhension qu'ont les professionnels de santé de la dépression résistante. Le contenu précis du programme n'est pas encore public. On retient surtout le signal: la formation des cliniciens devient un axe affiché par l'industrie elle-même.

Trois points à ouvrir avec votre praticien

Concrètement, ce paysage vous donne des points d'appui pour interroger votre thérapeute ou votre psychiatre — non pas comme une exigence, mais comme un droit de regard légitime sur ce qui touche votre propre cheminement.

  • La dissociation comme information, pas comme simple effet secondaire. Lors de toute évaluation d'un traitement par kétamine ou eskétamine, il est légitime de demander comment vos expériences subjectives seront mesurées et intégrées au suivi, plutôt que simplement consignées comme effets indésirables à subir.
  • Le type d'étude derrière les annonces. L'essai brésilien était ouvert et de petite taille, avec 23 participants analysés. Avant de vous engager dans une piste, poser la question du protocole et du nombre de patients suivis reste un réflexe de lucidité.
  • L'élargissement en cours du paysage thérapeutique. Selon un panorama relayé par The Manila Times, plus de 75 entreprises travailleraient sur des candidats-médicaments contre la dépression majeure. Et ScienceAlert rapporte que la dépression pourrait affecter deux régions cérébrales clés, sans que le changement y soit inévitable. Le champ se diversifie, la plasticité reste documentée.

Vous n'avez pas à porter seule le poids de l'attente. L'actualité de la recherche vous offre des points d'appui concrets pour traverser cette zone d'incertitude avec un peu plus de clarté.

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