
Thérapie EMDR : le protocole en 8 étapes pas à pas
La thérapie EMDR repose sur un protocole standardisé en 8 phases, développé par Francine Shapiro à partir de 1987. Elle ne consiste donc pas simplement à suivre un objet des yeux pendant quelques minutes.
Thérapie EMDR: le protocole en 8 étapes pas à pas
Le dispositif comprend une prise d’histoire, une préparation émotionnelle, l’identification précise des souvenirs ciblés, un retraitement progressif, puis une réévaluation.
L’objectif est de traiter des souvenirs traumatiques qui continuent d’activer le système nerveux dans le présent. Le protocole travaille sur trois axes temporels: le passé, avec les souvenirs racines; le présent, avec les déclencheurs actuels; et le futur, avec les situations que la personne redoute encore.
La compréhension du protocole EMDR et de son déroulement permet de mieux distinguer une thérapie structurée d’une simple technique de mouvements oculaires. Toutes les phases ne se déroulent pas au cours d’une seule séance. Les premières rencontres servent généralement à construire la sécurité nécessaire avant d’aborder les souvenirs les plus chargés.
Que se passe-t-il avant le retraitement EMDR?
Une thérapie EMDR commence par une phase d’évaluation clinique. Le psychologue cherche à comprendre le motif de consultation, les événements marquants, les symptômes actuels, les ressources disponibles et les éventuelles difficultés de stabilisation.
Cette étape détermine le plan de traitement. Un même symptôme peut avoir plusieurs mécanismes. Une hypervigilance peut être liée à un événement unique, à une accumulation d’expériences, à un contexte relationnel durable ou à une menace encore active. Le protocole ne traite pas ces situations de manière identique.
La durée dépend du fonctionnement de la personne et de la complexité du problème. Pour un trouble de stress post-traumatique simple, le nombre moyen de séances peut être d’environ six. Lorsque le traumatisme est complexe ou répété, le traitement peut demander douze séances ou davantage, parfois jusqu’à une trentaine. Il ne s’agit pas d’un calendrier automatique. Le nombre de séances est ajusté selon la stabilité, les réactions entre les rendez-vous et la capacité à reprendre le quotidien après le travail thérapeutique.
Une séance dure généralement 50 à 90 minutes. Les phases initiales et les séances de retraitement peuvent nécessiter un format plus long, souvent compris entre 60 et 90 minutes. Le rythme habituel est d’une à deux séances par semaine, mais il varie selon la situation clinique.
L’EMDR n’est pas une accélération artificielle du traitement. C’est un protocole qui organise l’accès au souvenir, la régulation de l’activation et le retour à l’équilibre.
Quelles sont les 8 phases du protocole EMDR?
Le protocole standard suit une logique précise. Chaque phase remplit une fonction. Certaines se répètent à plusieurs reprises, notamment la préparation, la clôture et la réévaluation.
| Phase | Fonction principale | Ce que le thérapeute cherche à établir |
|---|---|---|
| 1. Prise d’histoire et plan de traitement | Comprendre la trajectoire de la personne | Les événements ciblables, les symptômes et les ressources |
| 2. Préparation et stabilisation | Renforcer la régulation émotionnelle | La capacité à revenir dans une zone de tolérance |
| 3. Évaluation | Définir une cible de travail | L’image, les pensées, les émotions et les sensations liées au souvenir |
| 4. Désensibilisation | Diminuer la charge du souvenir | Une baisse progressive de l’activation émotionnelle |
| 5. Installation d’une cognition positive | Renforcer une perception adaptée | Une pensée plus juste et plus fonctionnelle |
| 6. Scanner corporel | Repérer les traces physiques restantes | Les tensions ou sensations encore associées à la cible |
| 7. Clôture | Terminer la séance dans un état suffisamment stable | Des consignes de régulation et un retour au présent |
| 8. Réévaluation | Vérifier l’évolution au début de la séance suivante | La persistance des effets et l’apparition de nouvelles cibles |
Les huit phases ne représentent pas huit rendez-vous. Les phases 1 à 3 occupent généralement les premières rencontres. Les phases 4 à 6 constituent le cœur du retraitement et peuvent se poursuivre sur plusieurs séances. La clôture intervient à chaque fois qu’un travail est engagé sans pouvoir être terminé dans la durée disponible.
Cette organisation protège contre une erreur fréquente: ouvrir un souvenir très activant sans avoir vérifié les moyens dont dispose la personne pour revenir au présent.
Comment la préparation stabilise-t-elle la séance EMDR?
La phase de préparation est le mécanisme de sécurité du protocole. Elle vise à développer des moyens concrets de régulation avant le retraitement. Le thérapeute ne demande pas seulement à la personne de se détendre. Il vérifie si elle peut identifier son niveau d’activation, ralentir une montée émotionnelle et retrouver un contact suffisant avec l’environnement actuel.
Cette phase peut inclure plusieurs exercices d’ancrage et de stabilisation:
- Le lieu sûr, qui consiste à mobiliser une représentation mentale associée à une sensation de calme ou de sécurité. Le travail porte autant sur les détails sensoriels que sur la capacité à y revenir.
- L’ancrage corporel, qui utilise les points de contact avec le sol, la chaise, la respiration ou la perception des appuis pour réorienter l’attention vers le présent.
- Le contenant, une représentation mentale destinée à mettre temporairement de côté une image, une pensée ou une sensation trop envahissante pour pouvoir poursuivre la journée.
- La respiration contrôlée, non comme une solution générale, mais comme un outil permettant de diminuer l’intensité physiologique lorsque l’activation augmente.
- La stimulation bilatérale lente, parfois utilisée dans des exercices de préparation lorsque le thérapeute l’estime adaptée.
Le concept central est celui de fenêtre de tolérance. Une personne peut être trop activée: accélération des pensées, tension corporelle, panique, sentiment de danger. Elle peut aussi être trop coupée de ses sensations: engourdissement, impression d’irréalité, absence d’émotion ou déconnexion. Dans les deux cas, le retraitement peut devenir moins accessible.
La préparation sert donc à calibrer le système. Elle ne supprime pas les émotions. Elle donne des commandes utilisables lorsque l’intensité augmente.
Combien de temps dure la préparation?
Il n’existe pas de durée identique pour tous les patients. Chez certaines personnes, quelques séances suffisent pour acquérir des outils fiables. Chez d’autres, la stabilisation demande un travail plus long, notamment lorsque les traumatismes sont répétés, que l’environnement reste instable ou que les symptômes dissociatifs sont importants.
Le thérapeute observe plusieurs indicateurs:
1. La personne peut-elle parler d’un événement difficile sans perdre complètement le contact avec le présent?
2. Peut-elle repérer les signes précoces de débordement corporel?
3. Dispose-t-elle d’au moins une technique d’ancrage réellement utilisable?
4. Peut-elle interrompre l’exercice et revenir à la pièce, à la date et à la situation actuelles?
5. Les réactions entre les séances restent-elles compatibles avec la vie quotidienne?
Une préparation suffisamment solide ne signifie pas que la personne ne ressentira rien. Elle signifie qu’elle dispose d’un système de retour. Le protocole peut alors avancer sans transformer chaque séance en exposition incontrôlée.
Comment l’évaluation identifie-t-elle la cible du traumatisme?
La phase 3 transforme un récit général en cible thérapeutique précise. Le psychologue demande quelle image représente le mieux le souvenir, quelle pensée négative y est associée, quelle cognition positive serait préférable, quelles émotions apparaissent et où elles se manifestent dans le corps.
La cible peut être une scène précise. Il peut aussi s’agir d’un moment particulier dans une séquence plus longue. La précision est utile, car la mémoire traumatique n’est pas toujours organisée comme un récit continu. Elle peut se manifester par une image, une sensation, une odeur, un mouvement, une conviction ou une alerte corporelle.
L’évaluation examine généralement les éléments suivants:
- L’image cible: le fragment du souvenir qui déclenche le plus fortement la réaction.
- La cognition négative: la conclusion actuelle que la personne associe à l’événement, par exemple l’idée d’être en danger, impuissante, coupable ou incapable.
- La cognition positive: la perception souhaitée, plus adaptée à la réalité présente.
- Le niveau de perturbation: l’intensité subjective de la détresse provoquée par la cible.
- La crédibilité de la cognition positive: le degré auquel cette pensée semble vraie ou accessible.
- Les sensations corporelles: pression thoracique, nœud à l’estomac, tension musculaire, chaleur, tremblement ou autre signal physique.
Cette cartographie permet de différencier le souvenir historique de la menace actuelle. La personne sait souvent que l’événement est terminé, mais son organisme réagit encore comme s’il était en cours. Le protocole cherche précisément à réduire ce décalage.
Pourquoi les trois dimensions temporelles sont-elles nécessaires?
L’EMDR ne s’arrête pas au souvenir initial. Le traitement parcourt trois branches.
Le passé correspond aux souvenirs racines. Ce sont les expériences qui ont installé une croyance négative ou une réponse de menace persistante.
Le présent concerne les déclencheurs actuels. Une remarque, un lieu, une proximité physique, une situation professionnelle ou une sensation corporelle peuvent réactiver le système d’alerte.
Le futur vise les scénarios anticipés. La personne peut comprendre que le danger est terminé tout en restant incapable d’imaginer une réponse différente dans une situation similaire. Le travail porte alors sur une séquence future et sur les capacités d’action nécessaires.
Cette structure explique pourquoi deux personnes exposées à un événement comparable peuvent avoir des parcours différents. Le souvenir initial n’est qu’un élément du réseau. Les déclencheurs actuels et les anticipations entretiennent parfois la réaction longtemps après la disparition du danger.
Que produit la désensibilisation avec les mouvements oculaires?
La phase 4 est souvent la plus connue. La personne se concentre sur la cible choisie pendant que le thérapeute propose une stimulation bilatérale alternée. Celle-ci peut prendre la forme de mouvements oculaires, de tapotements tactiles ou de sons alternés.
Les séries sont courtes. Après chaque série, le thérapeute demande ce qui vient maintenant. La consigne n’est pas de raconter une histoire parfaitement construite. Il s’agit plutôt d’observer les images, pensées, émotions ou sensations qui apparaissent, puis de poursuivre selon le rythme du système psychique.
Les mouvements oculaires ne constituent donc pas le traitement à eux seuls. Ils font partie d’un ensemble: une cible définie, une attention orientée, une stimulation alternée, des séries successives et une observation clinique continue.
La charge émotionnelle peut diminuer progressivement. Le souvenir reste accessible, mais il perd une partie de son caractère présent et menaçant. Certaines personnes constatent une modification de l’image, une distance accrue ou un changement de perspective. D’autres ressentent d’abord une activation plus forte avant que le niveau ne redescende. Cette variabilité n’indique pas nécessairement un échec. Elle doit être interprétée dans le cadre du protocole.
La stimulation bilatérale est-elle toujours visuelle?
Non. Les mouvements oculaires sont la modalité la plus connue, mais le protocole peut utiliser des tapotements alternés ou des stimuli auditifs alternés. Le choix dépend des préférences, de la tolérance et des particularités cliniques.
Une personne peut être gênée par le suivi visuel. Une autre peut avoir plus de facilité avec des tapotements sur les genoux ou avec des sons diffusés alternativement à droite et à gauche. Le praticien ajuste la méthode sans modifier la logique générale du retraitement.
Il faut aussi distinguer la stimulation bilatérale utilisée dans une séance EMDR d’un exercice trouvé seul sur internet. Sans évaluation de la cible, sans préparation et sans accompagnement, la stimulation ne reproduit pas le protocole clinique. Elle peut même provoquer une activation difficile à réguler chez une personne vulnérable.
Les mouvements alternés sont un outil du protocole. Ils ne sont ni une thérapie autonome ni un bouton d’effacement du souvenir.
Comment la cognition positive est-elle installée?
Après la désensibilisation, le thérapeute revient sur la cognition positive choisie pendant l’évaluation. Il peut s’agir d’une pensée comme être capable d’agir, être désormais en sécurité, avoir le droit de se protéger ou ne plus être responsable de ce qui s’est produit. La formulation exacte dépend de la cible et de l’histoire de la personne.
L’objectif n’est pas de remplacer une pensée négative par une affirmation artificielle. Une cognition positive doit être crédible, pertinente et compatible avec l’expérience actuelle. Si la personne pense qu’elle est définitivement impuissante, lui demander de répéter qu’elle est parfaitement forte ne suffit pas. Le cerveau résiste aux formulations qui ne correspondent pas aux données disponibles.
L’installation intervient donc après la diminution de la charge émotionnelle. La personne se concentre sur le souvenir avec une perception plus ajustée d’elle-même. La stimulation bilatérale est à nouveau utilisée par séries, jusqu’à ce que la cognition positive paraisse davantage accessible.
Le mécanisme est comparable à une mise à jour. Le souvenir ancien contient une conclusion qui pouvait être logique au moment de l’événement. Mais cette conclusion continue parfois de gouverner des situations présentes qui ne possèdent plus les mêmes paramètres. Le traitement introduit des informations nouvelles: l’événement est terminé, la personne a grandi, elle peut agir, demander de l’aide ou se protéger.
Pourquoi le scanner corporel fait-il partie du protocole?
Les réactions traumatiques ne sont pas uniquement verbales. Une personne peut déclarer que le souvenir la perturbe moins tout en conservant une contraction thoracique, une tension dans la mâchoire ou une sensation d’étouffement. Le scanner corporel sert à repérer ces signaux résiduels.
Le patient porte son attention sur le corps, sans chercher à produire une réponse particulière. Le thérapeute observe si une sensation reste liée à la cible. Si une tension persiste, le travail peut se poursuivre par de nouvelles séries. Si le corps ne signale plus de perturbation notable, la séance peut avancer vers la clôture.
Cette phase évite de confondre compréhension intellectuelle et intégration réelle. Dire que l’on sait qu’un événement est terminé ne suffit pas toujours à informer le système nerveux. Le scanner corporel vérifie si le message a aussi été enregistré au niveau physiologique.
Cela ne signifie pas que toute sensation corporelle doit disparaître. Le corps continue de produire des signaux ordinaires: fatigue, douleur, agitation, respiration courte. Le thérapeute cherche plutôt à déterminer si une sensation spécifique reste attachée au souvenir traité.
Comment une séance EMDR se termine-t-elle?
Une séance ne se termine pas nécessairement lorsque le souvenir est entièrement retraité. Le temps disponible et l’état de la personne imposent parfois une interruption. La phase 7 sert alors à fermer temporairement le travail.
Le thérapeute aide la personne à revenir à la situation présente. Il peut utiliser les outils d’ancrage appris pendant la préparation: perception des appuis, orientation dans la pièce, respiration, lieu sûr ou contenant. Il rappelle également que des images, émotions, rêves ou sensations peuvent apparaître entre les rendez-vous.
La clôture comporte une logique simple:
- revenir à la date et au lieu actuels;
- vérifier le niveau d’activation avant de quitter le cabinet;
- réutiliser un exercice de stabilisation si nécessaire;
- noter les éléments apparus entre les séances;
- reprendre les activités ordinaires avec un niveau de fonctionnement suffisant.
Cette étape est particulièrement importante lorsque le retraitement a été intense ou lorsque la cible reste partiellement ouverte. Le but n’est pas de forcer une conclusion avant que le système soit prêt. Le but est de créer une interruption sécurisée.
Les exercices d’ancrage EMDR ne sont donc pas réservés au début de la thérapie. Ils servent avant, pendant et après le retraitement. Leur intérêt dépend de leur utilisation concrète. Un exercice efficace est un exercice que la personne reconnaît, peut appliquer et peut interrompre si ses réactions augmentent.
Que vérifie la réévaluation lors de la séance suivante?
La huitième phase ouvre généralement la séance suivante. Le psychologue vérifie ce qui s’est passé depuis le dernier rendez-vous: évolution des symptômes, rêves, déclencheurs, sensations corporelles, changements dans les comportements et souvenirs nouvellement associés.
La cible précédente est réexaminée. La perturbation a-t-elle diminué? La cognition positive est-elle plus crédible? Le corps réagit-il encore? Une nouvelle information est-elle apparue? Le traitement peut reprendre là où il s’était arrêté ou se déplacer vers une autre cible.
La réévaluation fonctionne comme un contrôle de système. Elle évite d’appliquer mécaniquement le même protocole à chaque séance. Si la personne reste très activée, le thérapeute peut revenir à la stabilisation. Si la cible est suffisamment intégrée, il peut poursuivre avec un déclencheur actuel ou une situation future.
L’EMDR avance ainsi par boucles successives. Chaque boucle comprend une observation, une intervention, une clôture puis une vérification. Cette architecture explique sa dimension structurée.
Quelles erreurs donnent une fausse image de l’EMDR?
Plusieurs représentations simplifient excessivement la méthode.
Réduire l’EMDR aux mouvements des yeux
Cette réduction oublie les sept autres fonctions du protocole. Sans prise d’histoire, préparation, évaluation et clôture, il ne s’agit pas d’une séance EMDR complète.
Ouvrir un traumatisme sans préparation
Le souvenir peut être identifié rapidement. Cela ne signifie pas que la personne est prête à le retraiter. La stabilité émotionnelle, les ressources et l’environnement actuel font partie de l’évaluation clinique.
Croire que chaque séance doit produire une disparition immédiate des symptômes
Le cerveau ne fonctionne pas selon une commande instantanée. Certains symptômes diminuent progressivement. D’autres changent de forme ou révèlent une cible plus ancienne. La trajectoire doit être observée sur plusieurs séances.
Utiliser des vidéos ou des exercices en autonomie comme équivalent d’un traitement
Une stimulation alternée isolée ne remplace pas le raisonnement clinique. Elle ne permet pas de choisir une cible, de mesurer la perturbation, de repérer une dissociation ou d’adapter la séance lorsque l’activation augmente.
Confondre souvenir traité et souvenir supprimé
Le but n’est pas d’effacer les faits. La personne conserve généralement la mémoire de ce qui s’est passé. Ce qui peut changer, c’est la charge émotionnelle, la conviction négative et la réaction corporelle associée.
Comment savoir si le protocole est adapté à sa situation?
L’EMDR est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé et par la Haute Autorité de santé en France comme un traitement de référence du trouble de stress post-traumatique. Cette reconnaissance concerne un cadre clinique. Elle ne signifie pas que la méthode convient automatiquement à toute difficulté psychologique ni qu’elle doit être appliquée sans évaluation.
Un premier échange avec un psychologue permet de préciser:
- si les symptômes relèvent d’un traumatisme unique, répété ou complexe;
- si une menace est encore présente dans l’environnement;
- si la personne dispose d’une stabilité suffisante pour commencer le retraitement;
- quelles autres approches peuvent compléter le travail;
- quel rythme de séances est réaliste;
- comment organiser la continuité des soins en cas de réaction importante.
La thérapie cognitive et comportementale, l’ACT, la thérapie des schémas, l’approche systémique ou certaines thérapies psychocorporelles peuvent répondre à des mécanismes différents. Le choix ne se fait pas sur la popularité d’une méthode, mais sur l’ajustement entre le problème, les objectifs et les capacités de la personne.
Dans certains cas, la priorité est la sécurité actuelle, le sommeil, la régulation ou la réduction d’une crise. Le retraitement d’un souvenir peut venir plus tard. Le protocole EMDR possède une structure, mais cette structure n’est pas un calendrier rigide.
Que retenir du déroulement d’une thérapie EMDR?
La thérapie EMDR suit une séquence technique. Elle commence par comprendre le fonctionnement de la personne, puis renforce ses capacités de stabilisation. Elle cible ensuite un souvenir, une pensée, une émotion et une sensation corporelle. Le retraitement par stimulation bilatérale intervient dans ce cadre précis. Enfin, la cognition positive est installée, le corps est vérifié, la séance est clôturée et les effets sont réévalués.
Les points essentiels sont les suivants:
- le protocole standard comprend 8 phases;
- les phases initiales ne sont pas accessoires: elles préparent le système nerveux au retraitement;
- une séance EMDR ne se limite pas aux mouvements oculaires;
- la stimulation peut être visuelle, tactile ou auditive, selon la situation;
- le traitement relie le passé, les déclencheurs présents et les scénarios futurs;
- le nombre de séances varie selon la complexité du traumatisme;
- les exercices d’ancrage servent à maintenir une régulation suffisante;
- un souvenir traité n’est pas un souvenir effacé;
- la méthode doit être conduite par un professionnel formé, dans un cadre clinique adapté.
Le bon indicateur n’est pas la vitesse à laquelle une séance semble spectaculaire. C’est la qualité du réglage: une cible définie, une activation surveillée, des outils de stabilisation disponibles et une progression compatible avec la vie réelle.