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Préparer une chirurgie majeure : l'importance d'un soutien psychologique préopératoire

Repris par Medical Xpress, l'essai montre qu'accompagner la santé mentale avant l'opération — et pas seulement après — réduit l'anxiété et la dépression post-opératoires chez les patients de soixante ans et plus.

mis à jour 12 septembre 2026

Préparer une chirurgie majeure : l'importance d'un soutien psychologique préopératoire

Selon un essai clinique publié le 9 septembre dans JAMA Network Open par une équipe de la Washington University School of Medicine, ces nuits hachées, ce nœud dans le ventre et cette impression de flotter sans pouvoir tout à fait se poser qui précèdent une chirurgie majeure pourraient devenir autre chose qu'un temps à subir: un espace légitime de soin psychique. Repris par Medical Xpress, l'essai montre qu'accompagner la santé mentale avant l'opération — et pas seulement après — réduit l'anxiété et la dépression post-opératoires chez les patients de soixante ans et plus.

Ce que l'étude a concrètement observé

Trois cent six adultes de soixante ans et plus, inscrits pour une chirurgie cardiaque, oncologique ou orthopédique dans le réseau BJC HealthCare, ont participé à cet essai conduit par le Center for Perioperative Mental Health de WashU Medicine. Ils présentaient des symptômes légers à modérés d'anxiété ou de dépression avant l'intervention. Un groupe a reçu un accompagnement par un coach en bien-être — un professionnel de santé mentale, travailleur social ou conseiller — lors de huit à douze séances téléphoniques, doublé d'une revue personnalisée de leurs médicaments par des pharmaciens et des médecins, afin d'alléger les traitements à risque cérébral (sédatifs, myorelaxants, somnifères en vente libre, souvent accumulés au fil des années). L'autre groupe disposait des mêmes supports éducatifs sur la pleine conscience, le sommeil et la santé du cerveau, sans l'accompagnement structuré.

L'étude rappelle aussi un chiffre qui parle à beaucoup de ceux qui attendent une opération: jusqu'à 33 % des patients chirurgicaux âgés présenteraient une dépression, et 22 % une anxiété, avant l'intervention, selon les données américaines citées par les chercheurs. Avant l'opération, ces fragilités psychiques restent largement invisibilisées dans le parcours de soins.

Ce que cela ouvre pour vous, dès maintenant

Ce qui retient l'attention dans ces résultats, c'est qu'ils valident ce que beaucoup de patients pressentent sans oser le formuler: la peur, le sommeil haché, l'impression de ne pas être tout à fait présent dans les jours qui précèdent une chirurgie ne sont ni un manque de courage, ni un détail à taire en consultation. Joanna Abraham, première autrice de l'étude, parle d'une fenêtre à la fois de risque et d'opportunité pour les patients qui entrent en chirurgie. Eric J. Lenze, auteur senior et chef du département de psychiatrie de WashU Medicine, rappelle que préparer le corps avant une opération va de soi, mais que préparer aussi le cerveau mérite la même attention.

Concrètement, ce repère vous donne une légitimité nouvelle pour interpeller l'équipe qui vous prend en charge. Vous pouvez demander, avant l'opération: quel accompagnement psychologique est disponible en pré-opératoire dans l'établissement, ou en ville si l'hôpital n'en propose pas; faire le point avec votre médecin traitant ou votre psychiatre sur les médicaments qui agissent sur le cerveau — sédatifs, myorelaxants, somnifères en vente libre — et sur ceux qu'il serait possible d'alléger avant l'anesthésie; signaler une anxiété ou un sommeil dégradé qui dure, plutôt que d'attendre que cela passe de lui-même. Un psychologue ou un psychiatre peut alors intervenir en amont, en coordination avec l'équipe chirurgicale.

Ce qui reste à observer

L'essai a été mené sur des patients américains opérés dans un système hospitalier précis, avec un coaching téléphonique structuré. Il sera utile de suivre les réplications dans d'autres contextes de soin, en France notamment, et de voir si des dispositifs équivalents — accompagnement bref en santé mentale, revue de polymédication — commencent à se proposer systématiquement avant les chirurgies lourdes. Pour l'heure, ce que cette étude confirme, c'est qu'espérer qu'une chirurgie se passe bien sans prendre soin de ce qui se joue à l'intérieur n'est plus une option très confortable: le temps qui précède l'opération est désormais, dans les données, un temps de soin à part entière.

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